Père et du désarroi de Mme de Chartres, et il emporte le morceau : La mort du duc de Nevers, son Cette rencontre, bien sûr, nest pas entièrement différente de la première : sy retrouve le lexique de la beauté et de la surprise, qui conduit à distinguer lhéroïne de toutes les autres femmes. Les deux scènes, le bal, la noble inconnue qui assortit des pierreries, paraissent naître plutôt dun conte de fées que dune nouvelle dont la fin ne laisse aucune place à lémerveillement. Enfin, dans un cas comme dans lautre, le premier regard fait naître chez lhomme qui contemple madame de Clèves une passion immodérée. Les différences sont également sensibles. Quand M. De Clèves contemplait sa future épouse, celle qui était encore mademoiselle de Chartres ne prenait quune part bien discrète aux sentiments naissants ; tout au contraire, il nest pas besoin dêtre un lecteur très habile pour deviner ici que limpression faite par M. De Nemours sur la jeune femme est bien plus considérable. Rencontre à sens unique, si lon peut dire, que celle de M. De Clèves avec mademoiselle de Chartres ; rencontre réciproque que celle de Mme de Clèves avec M. De Nemours. Madame de Lafayette, La Princesse de Clèves parcours : individu, morale et société. Le lendemain, la cérémonie des noces se fit. Madame de Clèves y vit le duc de Nemours avec une mine et une grâce si admirables quelle en fut encore plus surprise. Dans ce passage, plusieurs éléments indiquent le soin que les protagonistes ont consacré à leur tenue :….Après avoir évoqué ce que M. De Nemours avait ressenti pendant le reste de la soirée de tout le soir, Mme de Lafayette fait maintenant un petit retour en arrière pour nous ramener au moment où la reine a fait reprendre le bal. Il semble qualors que M. De Nemours sest aussitôt remis à danser, Mme de Clèves, elle, ne lait pas fait tout de suite. Sans doute sest-elle assise, et probablement sur une espèce destrade qui borde la piste de danse puisque le chevalier de Guise se trouve à ses pieds. Quoi quil en soit, le chevalier de Guise, qui a assisté au petit dialogue qui vient davoir lieu entre la reine dauphine, M. De Nemours et Mme de Clèves, a été très attentif à ce qui venait de se passer. Il soupçonne tout de suite que M. De Nemours va être amoureux de Mme de Clèves. Il laurait sans doute fait, quand bien même les circonstances dans lesquelles M. De Nemours la rencontrée, ne lui auraient pas paru suggérer que la fortune le destinait à être amoureux de Mme Clèves M. De Nemours devenant régulièrement amoureux de toutes les plus belles personnes de la cour, il était, somme toute, tout à fait logique de prévoir quil nallait pas manquer de tomber amoureux de celle que tout le monde saccordait à reconnaître comme étant la plus belle de toutes. François-Hippolyte Debon, LHôtel de Rambouillet, 1863. Huile sur toile, 240 x 319. Musée dArt et dHistoire de Dreux Ligne 11 à 13..admiration : la princesse vue par le duc. À chaque fois que le roman introduit un personnage, sa présentation souligne toujours limportance de sa famille, en rappelant sa généalogie. La naissance joue un rôle car elle garantit que la personne aura à cœur lhonneur de ne pas déchoir. Ainsi, le prince de Clèves tombe amoureux de Mlle de Chartres au premier regard, mais, quand il apprend qui elle est, sa naissance ne lui est pas indifférente : il sentit de la joie de voir que cette personne, quil avait trouvée si aimable, était dune qualité proportionnée à sa beauté. De même, quand, veuve, la Princesse envisage un mariage possible avec le duc de Nemours, elle invoque, comme dernier argument, au-delà de lamour quelle éprouve, sa naissance : mais, de plus, un homme dune qualité élevée et convenable à la sienne.
20Tout à son émoi, le duc raconte confidentiellement au vidame, comme celle dun autre, lhistoire qui vient de lui arriver. Il nen faut pas plus pour que cette histoire circule à la cour comme celle de Nemours et parvienne aux oreilles de M me de Clèves par la bouche de la reine dauphine, qui profite de larrivée de lintéressé pour le prendre à témoin. Un instant désemparé, Nemours sindigne de ce que le vidame ait trahi sa confiance et, par là, celle que son ami avait mise en lui. Sil parvient à déjouer la dauphine, il sait bien ne pas pouvoir tromper M me de Clèves et, sachant quelle ne peut limaginer être la source première de cette indiscrétion, lattribue perfidement aux imprudences où la jalousie peut conduire un mari 365.
Le coup de foudre se produisant lors dune danse na donc pas fini dinspirer les artistes, mais il est exposé de manière plus ou moins sensuelle en fonction du type de personnage et du contexte de loeuvre.-Hyperboles et superlatifs sur le plan de la beauté et de la parure: ce quil y avait de bonjour, je trouve le commentaire très complet. Mais je croyais que dans un commentaire il fallait mettre le meme nombre de sous partie dans chaque axe. Si le roman évoque la vie politique, guerre et diplomatie, la vie de la Cour semble dabord vouée aux divertissements, et même à la campagne, cest le souci premier : en recevant ses amis, Madame de Mercœur ne pensa quà les divertir et à leur donner tous les plaisirs de la campagne. Ces divertissements correspondent à ce que lon nomme, au XVIIème siècle, lidéal de lhonnête homme, alliant lharmonie du corps à lélégance de la vie sociale.
voir également passim pp. 121-124, 126, 129, 140, 160.