Gisela Pankow Ou La Possible Rencontre Avec Le Psychotique

Sintéressant aux enjeux pulsionnels dans la perversion, à ses fantasmes, Pirlot et Pedinielli voient eux, dans la fixité du scénario du pervers, la marque dun déficit des capacités de représentation et de la fonction onirique. Dans cette conception, le passage à lacte pervers permettrait de se préserver de lattraction-hallucination psychotisante et de lier sur la scène du réel des traces mnésiques traumatiques hallucinatoires. Racamier, Freud, Ferenczi et al-Les psychoses, la perte de la réalité-Sand 1985. Lévolution constante des métiers et de lenvironnement réglementaire rend nécessaire une mise à jour continue du contenu. Pollack, Jean-Claude-Epreuves de la folie-Travail psychanalytique et processus psychotiques. Erès 2006. Un diagnostic psychopathologique est forcément réducteur et déshumanisant, et le recours aux tests psychologiques en rajoute une couche. Si jai eu recours au Rorschach cétait pour étayer un diagnostic différentiel. Le test est supposé montrer ce quil en est du fonctionnement mental et psychopathologique dun individu donné, non seulement au moment de la passation du test, mais avec une certaine continuité dans le temps. Après, ce mode de fonctionnement psychique est relié à la grille de lecture psychiatrique sur une base statistique. Lenjeu de cette tentative pour établir un diagnostic différentiel nétait pas simplement intellectuel, mais naïvement humain : redonner au malade enfermé et souvent maltraité sa subjectivité. Dire quun tel était hystérique et non psychotique, cétait aussi dire : mais il nest pas si fou que ça, il nest peut-être pas nécessaire de le garder enfermé pendant tant dannées. A cette époque réhystériser un patient, le dépsychotiser, cétait aussi le réhumaniser, lui redonner un peu de dignité. Le regard de lautre a tellement dimportance pour quelquun qui est en état de souffrance psychique. Il est dautant moins possible de faire la part entre ce qui relève de la subjectivité, de la démarche psychiatrique, des moqueries et humiliations, dans la mise en forme des symptômes. Dr Hollos Istvan-Mes adieux à la maison jaune-1986-Ed. Du Coq Héron. 63 Cf. Article Pulsion de mort, in Jean Laplanche et JeanBertrand Pontalis, Vocabulaire de la ps 368.05.10. Mme le Dr HORASSIUS-JARRIE Nicole, Les Buissonnets, hôpital Sud, Cedex 16, gisela pankow ou la possible rencontre avec le psychotique Comme le processus de destruction dans la psychose sattaque au processus de symbolisation, il nous faut un instrument pour aborder les destructions au niveau du registre symbolique. Il ne suffit pas de parler de forclusion et dinterruption de la chaîne associative. A cause des rechutes, jai abandonné la recherche du refoulé chez les psychotiques, cest-à-dire jai cessé de toucher aux conflits inconscients tels quils sont saisissables à travers des îlots de relations objectales, et jai tenté au contraire de réparer des structures cassées à partir même des zones de destruction et de leurs débris de structures symboliques. De Freud, même si la révision de 1897 concernant la réalité de la séduction a modifié la structure de son économie. Le phénomène de laprès coup, laction en deux temps de la scène de séduction donnaient déjà sa spécificité psychanalytique à la notion freudienne de traumatisme par rapport aux notions neurologiques ou psychophysiologiques du choc, et posaient dès le départ le problème de lintrication entre conflits internes, travail de lappareil psychique, et conflits externes, expérience, la première étant celle de la satisfaction. Cette intrication est restée implicite, même après la découverte du fantasme, la séduction ayant été située au niveau des soins maternels, et des relations précoces. A Jacqueline, 1 an et II mois, rentrant de promenade, dit quelle va voir papa, Odette et Jacqueline dans le miroir, comme si Jacqueline dans le miroir était quelquun dautre quelle, alors quelle se reconnaît très bien dans un miroir Piaget, 1951. Une dernière question, quappelle lampleur même de linformation de Green, nest pas sans lien avec celle qui précède ; mais elle est cette fois dordre historique. Il serait intéressant de revoir la conception de laffect à la lumière de ce que nous savons de la vie de Freud, qui, à tout prendre, nous a laissé assez dindications, privées ou publiques, sur ses propres émois. Nous nous demandons si la théorie de laffect na pas chez lui tant tardé à se développer et à se mettre au point en raison de la priorité quil a lui-même accordée dans la première partie de sa carrière à une forme maîtrisée et active du comprendre, orientée à réduire linconscient plutôt quà ladmettre et à le laisser pénétrer dans léconomie de la conscience 1. Ce nest en fait quaprès la rencontre certainement très personnelle, et lIntroduction du narcissisme, entre 1909 et 1914 que viennent les textes relativement éclairants de 1915, et, plus tardivement, de 1923 et 1934. Laffect, capable dexcéder comme déquilibrer lagir et la représentation, a sûrement quelque part un lien général et fondamental, par la médiation de lIdéal du Moi ou du Moi Idéal, avec le narcissisme, qui est si profondément engagé dans lexpérience du corps, comme plusieurs auteurs anglo-saxons, anglais surtout, lont bien senti, tels J. Et A. Sandler, E. Glover, E. Jacobson et M Brierley. A. Green, quant à lui, a soutenu cette idée originale, entre tant dautres, que Freud, mal à laise avec le narcissisme, en aurait construit, avec la deuxième théorie des pulsions, une sorte de contremodèle négatif. Ne peut-on penser que le problème de laffect a lui aussi pâti, en vue dune élaboration plus complète, et pour les mêmes raisons, du même malaise de Freud, devenu ensuite un malaise dans la culture analytique, dont Green sefforce de réparer les effets? Lourau, René-Lanalyse institutionnelle-Ed. De Minuit-1970. : le schizophrène, liquéfié, vaporisé, quon étiquetait aux temps héroïques dément précoce tant la dissociation idéo-verbale, affective et comportementale aboutit à un déficit mimant la déchéance cérébrale. Dans les cas relativement favorables schizophrénie paranoïde, il y a reconstruction partielle et anarchique dune identité délirante non systématisée, avec hallucinations. Freud range avec raison cette psychose, où domine la, du côté de lhystérie inconsistance du moi. gisela pankow ou la possible rencontre avec le psychotique Malgré, ou à. Cause de la confusion des rôles, nous trouvons bien la représentation que se fait Hans de la conception et de la naissance de sa petite soeur, dans la violence quil peut imaginer. SCHAFER R, Problems in Freuds psychology of women Les problèmes que pose la psychologie des femmes selon Freud, p 459-485.. Cet enfant, qui na pas encore 3 ans, a compris que la petite soeur sétait développée à lintérieur du ventre de sa mère. Il nest absolument pas daccord avec cet agrandissement de la famille et veut dans sa méfiance sassurer que le corps de sa mère ne recèle pas dautres enfants encore. Larmoire ou le coffre est pour lui symbole du ventre maternel. Il exige alors quon lui montre lintérieur du coffre et sadresse pour cela à son frère aîné, et, comme il ressort dautres éléments, ce dernier a pris la place du père en tant que rival du petit. A lencontre du frère, en plus du soupçon, fondé, quil a fait coffrer la bonne disparue, sajoute celui quil a dû, par un moyen ou par un autre, introduire dans le ventre de la mère lenfant né récemment. Aulagnier-Spairani, Piera-Clavreul, Jean-Perrier François-Rosolato, Guy-Valabréga, Jean-Paul-Le désir et la perversion-Seuil 1967 Lauteur explique le phénomène du corps perdu comme une évasion dans une autre manière dêtre et montre comment la psychose se sert de cette possibilité de vivre nimporte où, en dehors du corps. En décrivant la manière dêtre dun schizophrène chronique de 30 ans, souffrant dhallucinations depuis plus de 10 ans, lauteur montre où lon peut encore rencontrer de tels malades dans leur monde détruit. Après 5 mois dun traitement très difficile, limage structurante du corps-arbre permit de donner des limites au corps du malade. Grâce à limage structurante du corps-château le patient a pu retrouver son corps vivant individuel et les relations interhumaines. Le traitement a duré 4 ans. Ce malade schizophrène a pu quitter un état hallucinatoire, vécu depuis plus de 10 ans, et passer à un état de légère paranoïa interprétative qui permet une socialisation satisfaisante. gisela pankow ou la possible rencontre avec le psychotique La psychothérapie de la psychose me semble intéressante dans la mesure où la relation à lautre, dans son aspect interactionnel, va permettre au patient de se sentir investi par autrui. Le fait de se sentir exister pour les autres, et de recevoir enfin cette autorisation à être, va aider le sujet à renouer avec un sentiment dexistence qui lui est propre, mais quil ne parvient pas facilement à percevoir. Le patient va apprendre dans cette relation très spécifique à lautre, à devenir Sujet, à saffirmer en tant que tel, et à trouver sa place véritable. La chaleur de la rencontre avec le thérapeute peut aider le patient à retrouver une unité corporelle, et pour reprendre les expressions de la psychanalyste Gisela Pankow, à sinstaller dans un corps à lui, lui faciliter la découverte dun corps total, séparé de lautre mais qui peut jouir seul, sans être dévasté. Le travail thérapeutique peut ainsi amener le patient à prendre conscience progressivement que le monde hors de la famille nest pas forcément mauvais ou méchant et quil peut aller vers lautre sans risquer forcément lanéantissement. Lacan réfute à juste titre la thèse freudienne de lhomosexualité sous-jacente dans la psychose de Schreber. Son retour à Freud ne lempêche pas décrire Écrits II, p. 83 : Nous croyons pouvoir dire que Freud a ici failli à ses propres normes et de la façon la plus contradictoire. Cette défaillance a sa raison dans la nécessité, soit dans le fait que Freud navait pas encore formulé lintroduction au narcissisme.